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Porté par le débat en cours dans toute l'Europe sur le voile islamique, Philippe de Villiers exprimait dans le Figaro ce 2 novembre 2006, son souhait de voir interdit le voile dans tous les lieux publics.

Le président du MPF qui se présente comme « le dernier défenseur de la République contre le communautarisme », ne perçoit malheureusement que le "communautarisme islamique". Toujours lié dans son discours aux thèmes de l'immigration et de l'insécurité, l'islam est dans toute sa campagne clairement instrumentalisé.

De même, la laïcité n'est évoquée par Philippe de Villiers que comme rempart à ce qu'il appelle "l'islamisation de la France".
Dans la réalité,
Philippe de Villiers reste très proche des chrétiens traditionalistes qui ne lui pardonnent pourtant pas son discours sans doute trop consensuel. Les thèmes chers aux traditionalistes (comme l'interdiction du droit à l'avortement) sont en effet dans son programme relégués au second plan.

 
 

Le président du Mouvement pour la France se présente comme « le dernier défenseur de la République contre le communautarisme ».

 
LE FIGARO. - À quels faits précis pensez-vous lorsque vous affirmez que l'islamisme menace la laïcité dans notre pays ?
 
Philippe DE VILLIERS. - L'actualité démontre chaque jour l'avancée du communautarisme islamique en France. Feuilletons la presse des dernières semaines : un professeur de philosophie, Robert Redeker, menacé de mort pour avoir critiqué l'islam, le préfet de Seine-Saint-Denis qui écrit le 13 juin au ministre de l'Intérieur : « Les jeunes (...) sont aujourd'hui fortement travaillés par l'islam et sans doute le plus intégriste. (...) À chaque réveil de l'agitation dans telle ou telle cité, il est désormais quasi systématiquement observable que le relais de la gestion locale est pris par les»barbus* ». Il serait irresponsable de nier l'évidence : le problème ne fait qu'empirer. 
 
Que préconisez-vous ?
 
Il faut un signal fort. La France doit imposer ses valeurs. Les musulmans sont bien sûr libres de pratiquer leur foi, mais ils doivent respecter les lois de la République et nos modes de vie. Je propose donc l'interdiction du voile islamique dans la rue et les espaces publics. Le voile islamique est le symbole de la soumission de la femme et porte atteinte à sa dignité. C'est aussi un obstacle à l'appartenance à la communauté nationale et un instrument utilisé par des activistes qui s'attaquent aux fondements de la République.
 
Votre proposition est-elle compatible avec la jurisprudence du Conseil constitutionnel en matière de libertés publiques ?
 
Dans l'état actuel du droit français, on ne peut pas remédier aux situations scandaleuses que le rapport Stasi sur la laïcité dénonçait en ces termes en décembre 2003 : « Des jeunes filles ou des femmes portent volontairement le voile, mais d'autres le revêtent sous la contrainte ou la pression. Il en va ainsi des fillettes préadolescentes à qui le port du voile est imposé, parfois par la violence. » Le rapport Stasi ajoutait : « Les jeunes filles, une fois voilées, peuvent traverser les cages d'escalier d'immeubles collectifs sans crainte d'être conspuées, voire maltraitées, comme elles l'étaient auparavant, tête nue. Le voile leur offre ainsi, paradoxalement, la protection que devrait garantir la République. » Allons-nous continuer à détourner les yeux ?
 
Quelles sont les solutions retenues chez nos voisins ?
 
En Belgique, le Parlement régional de la Flandre a prohibé le port du voile islamique sur la voie publique. Au Pays-Bas, le sujet fait la une de la presse. Le ministre de l'Immigration, Rita Verdonk, s'est déclarée favorable à cette mesure. Certaines villes comme Utrecht ont prononcé la même interdiction. En Allemagne, le secrétaire d'État à l'Intégration a qualifié le voile islamique de « signe d'isolement, voire d'oppression, lorsqu'il est imposé aux jeunes filles et aux femmes ». Nous sommes le seul pays européen où ce débat est interdit. Et même la Tunisie vient de prohiber le port du voile islamique dans tous les espaces publics...
 
Ne craignez-vous pas d'être accusé de jouer les boutefeux ?
 
Au contraire, il ne faut pas confondre le pompier et l'incendiaire ! Selon une enquête publiée le 17 août par le très sérieux institut d'enquête américain Pew Research Center, 46 % des musulmans français revendiquent en priorité leur appartenance à l'islam plutôt qu'à la France. Nous sommes devant un problème non pas religieux mais éminemment politique. Dans mon livre, Les Mosquées de Roissy, paru en avril dernier, j'avais révélé l'existence de mosquées clandestines et de réseaux de bagagistes islamistes dans cet aéroport d'Île-de-France. À l'époque, de nombreux médias et la quasi- totalité des hommes politiques ne m'avaient pas cru. Or, six mois après, que constate-t-on ? Le ministre de l'Intérieur avoue l'existence de lieux de culte clandestins à Roissy, s'efforce de les fermer, et il tente de retirer leur habilitation à des bagagistes suspects qui travaillaient en zone réservée ! Les faits me donnent raison. De même, sur le voile islamique, je ne fais que dire ce que pensent nos concitoyens. Ce n'est pas à la France de s'adapter à l'islam, c'est à l'islam de s'adapter à la France. Ce sera une question essentielle de l'élection présidentielle de 2007 : je suis le seul à briser le tabou et le dernier défenseur de la République contre le communautarisme.
Propos recueillis par Guillaume Perrault
(le Figaro 02/11/06)
Concernant l'enquête citée Pew center, notons que si 46% effectivement des Français musulmans se définissaient d'abord par leur religion (contre 81% en Angleterre), 41% aussi se disaient avant tout Français.
Tag(s) : #Philippe de Villiers

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