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Vendredi 17 février 5 17 /02 /Fév 21:36

Michel Gurfinkiel, dans un article du 17 février 2006 du New York Sun ("France's Le Pen To Strike a Deal With Muslims") faisait une  intéressante analyse du réalignement stratégique du Front National. Le FN miserait aujourd'hui sur les musulmans, au risque de perdre une partie de son électorat traditionnel chrétien d'extrême droite.

Après avoir des années souligné ses racines chrétiennes et dénoncé l'immigration musulmane, Le Pen s'aligne aujourd'hui plus clairement sur la mouvance néo-fasciste. Le Pen va-t-il compenser l’hémorragie des chrétiens d’extrême-droite (partis chez De Villiers) par un afflux substantiel de sympathisants musulmans ? Rien n'est moins sûr... C'est le pari qu'il semble prendre.
Il est peut l'heure de rappeler pour ceux qui l'auraient déjà oublié le passé de tortionnaire en Algérie de JM Le Pen.

Suivant l'électorat auquel il s'adresse, Le Pen pourra cependant tenir des positions quasiment inverses, comme sur les ondes de Radio Courtoisie où il insiste sur le "risque que comportait l'entrée massive de musulmans dans notre pays", une population pour lui "pratiquement pas assimilable".

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On dirait un paradoxe politique, mais le parti de Jean-Marie Le Pen, le Front national, semble bien vouloir former une alliance avec la grande communauté musulmane de France.

Une génération après la montée du parti de la droite française et son implacable campagne anti-immigration mêlée de racisme et d'anti-sémitisme, trois facteurs sont désormais entré en jeu et pourraient précipiter un réalignement stratégique.

Ces facteurs, encore peu considérés en dehors des cercles politiques en France et susceptibles d'avoir des effets retentissants sont les suivants :

- L'islamisation de la France est largement un fait accompli. Il est considéré que 6 à 8 millions de citoyens et résidents en France, de 10 à 13 % d'une population de 62 millions, sont musulmans à ce jour. Et la communauté musulmane, étant plus prolifique, est beaucoup plus jeune que le reste de la population : jusqu'à 25 % des citoyens ou résidents français de moins de vingt ans sont musulmans ; une proportion atteignant 40 à 50 % dans les grandes villes.

- Le Front National est étonnamment populaire parmi les immigrés musulmans ou les citoyens musulmans de seconde génération. Parallèlement à sa campagne contre l'immigration, le parti de M. Le Pen a toujours largement soutenu la cause arabe ou islamique à l'étranger, de l'Irak de Saddam Hussein à la Palestine de Arafat et du Hamas, et d'Al Qaïda à l'Iran. Et il est aussi fermement anti-américain et anti-juif que la communauté musulmane tend à l'être elle-même.

- L'attraction de l'extrême-gauche française, qui totalise aussi 20 % des voix au niveau national, vers l'islam, un anti-américanisme enragé, et même l'anti-sémitisme, un phénomène mis au jour par l'émergence de Dieudonné, un humoriste de music-hall de gauche qui s'est transformé en un équivalent très populaire de Louis Farrakhan. Dieudonné, le fils d'un père camerounais et d'une mère blanche, prétend que les Juifs étaient les principaux esclavagistes au XVIIe et XVIIIe siècles. Il compare les programmes d'éducation civique à propos de l'holocauste à une "pornographie de la mémoire". Il s'est réjoui de la victoire du Hamas en Palestine. Selon le philosophe Bernard-Henri Lévy, il est en terme moral "le fils de Le Pen".

Le cercle restreint de M. Le Pen semble avoir adopté une telle stratégie depuis un certain temps. En 1999, Samuel Maréchal, l'un des beaux-fils de M. Le Pen, s'était publiquement réjoui du fait que la France devenait "une société multi-ethnique et multi-religieuse" et que "l'islam était devenu la deuxième religion de France".

Ces propos avaient été accueilli par des protestations parmi les rangs du Front National et M. Maréchal avait dû démissionner de plusieurs de ses fonctions du parti. Il est pourtant demeuré l'un des plus proches conseillers de M. Le Pen.

Plus récemment, Jean-Claude Martinez, député européen et conseiller stratégique de M. Le Pen, a réitéré le défi de M. Maréchal dans un livre publié sous le titre improbable de

"A tous les Français qui ont déjà voté Le Pen".

Il argumente que le Front National doit s'adapter à la mondialisation, oublier certains de ses mythes fondateurs, comme celui de "Jeanne d'Arc combattant une invasion étrangère", et accueillir les immigrés noirs et arabes dans le giron national.

Il a même exprimé son enthousiasme pour la musique rap des arabes et des noirs, tant que les paroles sont en français plutôt qu'en anglais. Et cette fois-ci personne n'a parlé de mesures disciplinaires contre cet hérétique.

Diverses sources rapportent désormais que M. Martinez a le soutien de Marine Le Pen, la fille aînée et successeur désignée de Jean-Marie.

Pendant les émeutes de 2005, quand même les maires communistes et socialistes demandaient un déploiement de la police et même de l'armée dans les communautés urbaines françaises, le Front National s'est abstenu de tout commentaire anti-immigration ou anti-islamique.

Ces dernières semaines, avec la montée de la crise sur les caricatures danoises, le Front National s’est rangé aux côtés des musulmans dans leur revendication que « les sensibilités religieuses doivent être respectées. »

« Nous n’avons rien contre l’islam en tant que religion » a dit la fédération du Front National du Var plus tôt ce mois-ci.

Les analystes politiques se demandent jusqu’à quel point cette expérience peut aller. Le vrai problème, selon de nombreux analystes, est le schisme au sein de l’extrême-droite française à propos de qui est l’ennemi juré.

Le Front National a toujours été une coalition de deux familles politiques très distinctes : les néo-fascistes, comme M. Le Pen, et les chrétiens traditionnels d’extrême-droite.

Les néo-fascistes pensent que les Juifs et les Américains sont les véritables ennemis, plutôt que les arabes et musulmans. Dans un sens, ils tendent même à considérer les arabes et musulmans comme des camarades fascistes. Quant aux chrétiens d’extrême-droite, ils voient les arabes et les musulmans comme l’ennemi juré.

Pendant des années, M. Le Pen a prétendu être un chrétien d’extrême-droite plutôt qu’un néo-fasciste et que la résistance à l’immigration musulmane étaient son principal cheval de bataille. Il est désormais passé du côté de la branche des néo-fascistes et est prêt à abandonner le sujet de l’anti-islamisme.

Les chrétiens d’extrême-droite – qui pourraient avoir fourni jusque là plus de 50 % des militants et des électeurs du parti – sont horrifiés, se sentent trahis et ont commencé à déserter en masse. Beaucoup se sont tournés vers Phillipe de Villiers, le chef français de l’euro-scepticisme, lequel est en train de rapidement réorganiser son parti, le Mouvement Pour la France, MPF, en un groupe nataliste, chrétien et anti-musulman.

Selon le journal Libération, le nombre total de militants du Front National est passé de 40 000 à la fin des années 90 à 20 000 en 2002 et à 12 000 en 2005.

Selon le CSA, un institut de sondage, le soutien à M. Le Pen parmi les électeurs inscrits est descendu à 9 % en février contre 11 % en décembre et 12 % en septembre. Pendant la même période, le soutien pour le MPF a plus que doublé pour atteindre 7 %. Ce qu’il reste à voir est si Le Pen va en fait compenser l’hémorragie des chrétiens d’extrême-droite par un afflux substantiel de sympathisants musulmans.

Les leaders islamiques de France conseillent à leurs partisans d’agir comme « des citoyens démocrates et responsables », c’est à dire de s’inscrire sur les listes électorales et d’entrer en tant que militants à part entière dans tous les grands partis politiques, à droite comme à gauche. En effet, un Front National reconstruit et amical envers les musulmans a toutes les chances de gagner beaucoup de leurs voix.

(17 février 2006 , New York Sun)

Publié dans : Jean Marie Le Pen
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