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Il n'y a pas de plus parlant exemple que Roubaix concernant la dangereuse gestion communautariste des Verts. A lire absolument, cet article de Marianne :

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Dans la ville du Nord, creuset de l'appel des «indigènes de la République», les tenants d'un islam dur sévissent en toute impunité. La République perd du terrain...

A Roubaix, il y a dans notre vie quotidienne et privée, de façon de plus en plus prégnante, un discours normatif qui s'appuie sur l'islam. Ça s'est accentué ces dernières armées. Il y a eu, et il y a encore, un vrai travail de terrain.» L'homme qui fait ce constat n'est pas un politique. C'est Messaoud Bouras, un simple citoyen qui s'est fait, par la force des choses, une spécialité de la lutte contre l'«islamo-gauchisme roubaisien». Un courant, selon lui, qui mine le débat politique local depuis longtemps.
Seul, pendant des années, à le dénoncer, Messaoud Bouras est aujourd'hui écouté, soutenu par un nombre croissant de Roubaisiens et d'élus.

Trop tard pour empêcher Roubaix de devenir le creuset de l'appel des «indigènes de la République».

Cette pétition violemment antirépublicaine, ethniciste et ultracommunautaire, lancée en janvier 2005 par quelques intellectuels, accusait la France d'avoir une gestion coloniale de ses citoyens issus de l'immigration - notamment par le biais de la loi contre le voile, jugée «discriminatoire, sexiste, raciste» A lire en ligne sur www.indigenes.org. On imagine l'impact, catastrophique, d'un tel discours sur une ville comme Roubaix, dont un tiers de la population est issu de l'immigration maghrébine (la moitié chez les jeunes de moins de 25 ans). Il est pourtant abondamment relayé par des associatifs et des politiques qu'on ne peut taxer d'inconscience. Au contraire, ils savent parfaitement ce qu'ils font. Ce qui n'est pas le cas des élus de la majorité municipale qui ont longtemps donné leur bénédiction, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d'euros de subventions annuelles, à des associations dont le but est de promouvoir un islam politique.
 
«Le blasphème comme un crime»
Il suffit pourtant de jeter un oeil à la liste des conférenciers invités par l'association roubaisienne Rencontre et dialogue (ARD) pour comprendre que sa vocation n'a plus rien à voir avec ce qui avait présidé à sa fondation il y a onze ans. A l'époque, l'ancien maire de Roubaix André Diligent avait souhaité promouvoir le dialogue interreligieux entre musulmans et catholiques. Aujourd'hui, l'ARD promeut surtout des gens comme le prédicateur Hassan Iquioussen - dont les violentes diatribes contre les juifs avaient fait la une des médias fin 2004 -, ainsi que le plus modéré Tariq Ramadan, régulièrement invité. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu'on sait que le président de Rencontre et dialogue n'est autre qu'Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF), un mouvement qui soutient activement Tariq Ramadan. Le CMF est aussi l'un des promoteurs autoproclamés de la pétition des «indigènes de la République».
Le point de vue de Rahni sur l'affaire des caricatures, publié le 2 février dernier sur le site communautariste saphirnews.com, en dit long: «La vague de solidarité exprimée par d'autres journaux nationaux ou européens cache mal en fait une tendance islamophobe devenue politiquement correcte chez nous. Il serait naïf de croire que la provocation n'était pas calculée, ou bien qu'il s'agirait de l'expression d'une liberté. Nous sommes conscients que notre pays ne considère pas le blasphème comme un crime. Mais, lorsque cette dernière devient une insulte et une incitation à la haine et à la violence envers la deuxième religion du pays et de ses adeptes, elle doit se fixer elle-même ses propres limites.»
Contacté par téléphone, Ali Rahni, estimant être «la cible de l'extrême droite sioniste», a refusé de s'exprimer dans Marianne, si ce n'est pour nous adresser une mise en garde - «Faut pas jouer avec le feu sinon on se brûle» - et déclarer, avant de raccrocher brutalement: «J'invite qui je veux dans mes débats.» Certes. Mais Ali Rahni oublie un détail: c'est avec l'argent du contribuable qu'il invite «qui il veut», car l'ARD vit en grande partie des subventions publiques et organise ses débats dans une salle mise à sa disposition par la municipalité. «Pourtant, dès qu'on lui demande des comptes, il refuse et nous traite de «négationnistes»», confie-t-on à la mairie de Roubaix.
«Récemment, nous avons tenté de mettre en place une convention entre la ville et l'ARD, mais l'association refuse de communiquer le moindre compte, confirme Christian Maes, responsable du MRC (Mouvement républicain et citoyen) de Roubaix et conseiller du maire pour les associations. Bien sûr, l'ARD a le droit d'exister, mais pas avec de l'argent public.» Dans ces conditions, pourquoi a-t-elle bénéficié des largesses municipales (plusieurs dizaines milliers d'euros par an) pendant des années? «Ce qui se passe est très rampant, estime Christian Maes. C'est même imperceptible pour les gens de l'extérieur. Mais il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus, que ce soit pour la construction de mosquées ou pour le financement de diverses associations.»
«Une certaine tendance islamophobe est devenue politiquement correcte chez nous.» Ali Rahni
Hassan Iquioussen
Prédicateur une des voix islamistes de Roubaix
Tarig Ramadan
Conférencier. Régulièrement invité par l'association roubaisienne «Rencontre et dialogue».
Saïd Bouamama
Sociologie Un des initiateurs de l'appel des «indigènes de la République».
Les Verts verts...
Une pression qui viendrait du coeur même de la majorité municipale (gauche plurielle) roubaisienne, puisque, d'après un grand nombre d'élus, les Verts de Roubaix seraient acquis à la cause des «islamo-gauchistes» dénoncés par Messaoud Bouras. «Le problème, ce ne sont pas les Verts, mais les Verts verts», lâche un socialiste. De fait, les Verts locaux se montrent très proches de diverses structures controversées, au premier rang desquelles figure l'ARD.
«Ecrivez ce que vous voulez, j'exercerai mon droit de réponse et je vous poursuivrai si nécessaire»: voilà la réponse de Slimane Tir, chef de file des Verts de Roubaix, conseiller municipal et vice-président de Lille métropole communauté urbaine, à nos innombrables demandes d'entretien. Ce refus catégorique peut paraître étonnant de la part d'un homme qu'on nous a décrit comme un sympathique quadragénaire qui brigue un mandat électoral (celui de député de la 7e circonscription) sous l'étiquette d'un parti tout à fait démocratique (on lui souhaite bonne chance!). En fait, tout se passe en circuit fermé: Slimane Tir est un proche d'Ali Rahni, le président de l'ARD, dont il est le beau-frère. Rahni, lui, n'est pas uniquement le beau-frère de Tir, il est aussi membre des Verts, et vice-président de Pastel FM, la radio communautaire dont Slimane Tir est le président.
Cela ne fait cependant pas du conseiller municipal vert un «Vert vert». De même, il est tout à fait possible que Slimane Tir n'ait jamais écouté la radio qu'il préside. Donc il ignore peut-être que la station diffuse le vendredi à 20 heures une émission religieuse intitulée «La prophétie», réalisée avec l'ARD, et où l'islamiste Hassan Iquioussen bénéficie quasi d'une antenne ouverte, comme Ramadan. Une fois de plus avec les deniers publics...
Une troisième association vient compléter ce qui ressemble à un dispositif: l'Université populaire et citoyenne (UPC), qui bénéficie de plus 120 000 euros de subventions annuelles, peut être considérée comme le volet politique de la galaxie.
Là encore, les Verts de Roubaix sont accusés de «truster» cette association fondée par la mairie. «L'UPC, estime un acteur social roubaisien, est minée par cette «envie de rester entre soi» des Verts.» Mais pas seulement. «Je me suis rendu compte qu'il y avait un problème, raconte Max-André Pick, conseiller municipal (UMP), le jour où les responsables de l'UPC sont venus me solliciter pour que des représentants de l'UMP participent à leurs débats. Je me suis renseigné sur les autres conférenciers: c'étaient tous des gens qui s'étaient prononcés contre la loi sur le voile, voire des fondamentalistes.»
Ainsi, sur huit débats programmés par l'«université» en 2005, trois avaient pour invités soit des intellectuels proches de Ramadan (Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique), soit des promoteurs de la pétition des «indigènes» (les sociologues Saïd Bouamama et Sylvie Tissot, le professeur de philosophie Pierre Tévanian) - le tout sans le moindre contradicteur, évidemment.
En fait d'«université populaire et citoyenne», les habitants de Roubaix n'ont finalement droit qu'aux discours antirépublicains et ultracommunautaristes des «indigènes de la République», dont l'influence se fait sentir jusque dans les conseils municipaux, où Slimane Tir n'hésite pas à dénoncer haut et fort la «lepénisation des esprits», lorsque des élus lui demandent de s'expliquer sur l'attitude de l'ARD. De même, sur le site des Verts de Roubaix, on peut lire une proposition de rencontre publique avec Pierre Tévanian (des «indigènes») et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), groupe ultra dans la mouvance des «indigènes», «afin de débattre de l'impact du rapport colonial persistant sur la situation actuelle des immigrés et de leurs héritiers et ensemble de tracer des pistes sur les ripostes possibles».
«Ce qui se passe est très rampant. Il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus.»
Christian Maes
Lent endoctrinement
Le but est, bien sûr, d'abord électoral. «Slimane Tir est persuadé qu'il y a un vote musulman à Roubaix, explique Max-André Pick, et qu'il percera grâce à ça, mais il se trompe. Les musulmans sont attachés au modèle laïc républicain.» Les Verts de Roubaix ne sont pas les seuls à chercher à se concilier les bonnes grâces des religieux afin de grappiller quelques voix qui peuvent être décisives: à Lille, la majorité municipale emmenée par Martine Aubry - dont l'époux, Jean-Louis Brochen, est justement l'avocat de Rencontre et dialogue - multiplie les petites attentions à l'égard des imams.
Lille est ainsi la seule municipalité à proposer dans ses piscines des plages horaires réservées aux femmes. Bien sûr, chacun - politiques et religieux - est persuadé d'instrumentaliser l'autre. Qui a raison? Ecoutons des acteurs de terrain.
Ex-proviseur d'un collège de Roubaix, Bernard Truant se souvient: «Vers 1992, des «étudiants» musulmans ont proposé à des parents d'élèves de prendre en charge l'aide aux devoirs. Comme nous aussi, on faisait de l'aide aux devoirs, on s'est vite aperçus que les élèves d'origine maghrébine ne venaient plus. Et on a réalisé qu'en fait de soutien scolaire ils avaient droit tous les soirs à trente minutes de lecture du Coran, et cinq minutes de maths. Ceux qui étaient issus des milieux les plus modestes ont été endoctrinés. Leur comportement a changé, surtout chez les garçons: ils se refermaient sur eux-mêmes, se retiraient de la communauté scolaire.
Quatre ans plus tard, au lycée, il y avait une cinquantaine de filles voilées: le travail commencé en 1992 a porté ses fruits en 1996.» Responsable du comité local de Ni putes ni soumises, Amandine Briffaut fait le même constat: «Nous ne sommes pas les bienvenus à Roubaix. «En voulant dévoiler les femmes on les colonise»: voilà ce qu'on entend dans les débats. Fadela Amara y est traitée de «traîtresse». Pour eux, même les Arabes républicains sont islamophobes.» Et de raconter cette fête de quartier qui a mal tourné. Les organisateurs avaient fait venir des danseuses brésiliennes - 2005 était l'Année du Brésil. Elles n'ont jamais pu finir leur spectacle: elles ont dû se rhabiller sous les huées. «Il y a même des gamins qui ont rentré leurs mères pour qu'elles ne voient pas de femmes «dénudées». Et le pire, c'est que ce n'est pas un quartier où les filles sont particulièrement opprimées. Mais, là, c'était clairement le début du processus.»
D'autant que toute résistance semble avoir été vaincue. Ainsi, en septembre 2004, la Fédération des associations laïques (FAL) de Roubaix avait organisé un débat sur le thème du voile à l'école, avec pour invités un proviseur de lycée hostile à la loi contre le voile et... le sociologue provoile Saïd Bouamama. Personne n'était là pour les contredire. Même parmi les membres de la FAL! Vous avez dit «débat démocratique»?
Tag(s) : #Dominique Voynet

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