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Après Fourest, Venner, Djavann... Lutte Ouvrière a décidemment des lectures très laïques ! L.O. cite ici "Bas les voiles!" de Chahdortt Djavann. 
L'organisation
dénonce la caution, l'appui aux  dictatures islamiques que constituent un certain nombre d'intellectuels adeptes du "respect des différences culturelles" et méprisant les droits de la femme (ou plus généralement les droits de l'Homme). 

On peut regretter cependant que L.O. ne condamne pas aussi sa famille politique, également très complaisante à l'égard du port du voile islamique au nom de ce même principe spécieux du respect des différences culturelles.

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Ce court texte combat avec véhémence l'attitude de complaisance hypocrite qui règne à l'heure actuelle sur le port du voile islamique, en particulier à l'école, complaisance partagée par certains enseignants. C'est un pamphlet d'une Iranienne qui, ayant été contrainte à porter le voile pendant dix ans, de treize à vingt-trois ans, et vivant désormais à Paris, n'admet pas que certains intellectuels refusent l'interdiction du port du voile à l'école au nom du "respect des différences culturelles" et autres sornettes spécieuses, telle que la "nécessaire construction de l'identité" des jeunes filles de familles musulmanes...

On ne sait qui elle combat le plus, des intellectuels français ou des intellectuels musulmans résidant en France. Mais pour elle, toute cette démarche est "un encouragement à la répression de toutes les femmes qui, dans les pays musulmans, essaient d'échapper à l'emprise totalitaire du hijab au risque de leur vie". "Il faudrait, écrit-elle, que les intellectuels français qui se déclarent hostiles à une école laïque qui ne tolère pas les mineures voilées prennent conscience du fait que leur engagement sera un appui aux dictatures islamiques."

Ce texte dénonce violemment l'enfermement des femmes dans la plupart des sociétés musulmanes, le désespoir des mères qui, lorsqu'elles accouchent d'une fille, hurlent "par peur d'être tabassées ou répudiées", les sentiments d'humiliation et de culpabilité qui sont inculqués aux filles dès leur enfance car leur corps est considéré comme un objet de honte qu'il faut cacher: "Le voile n'est nullement un simple signe religieux, comme la croix, que filles ou garçons peuvent porter au cou", c'est "l'étoile jaune de la condition féminine", une prison ambulante.

Si Chahdortt Djavann n'est pas tendre du tout non plus pour les jeunes filles ou femmes qui, ici en France, par provocation et pour forcer la voie portent le voile islamique en prétendant que c'est un choix volontaire -celles qu'elle appelle les "midinettes du voile"... - , son souci est surtout que la loi intervienne pour interdire le port du voile aux mineures, à l'école ou ailleurs, pas au nom de la laïcité  mais au nom des droits de la femme et de l'homme et de la protection des mineures. Elle nourrit sans doute des illusions sur les vertus et les idéaux des "démocraties occidentales", mais cela ne retire rien à l'intérêt de ces 47 pages d'indignation qui peuvent aider tous ceux qui luttent contre l'oppression religieuse quelle qu'elle soit.

C.L.G.

Bas les voiles, par Chahdortt Djavann
Éd. NRF-Gallimard 47 pages - 5,50 €.
Lutte Ouvrière n°1833 du 19 septembre 2003

Tag(s) : #Arlette Laguiller

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