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Il est interessant de voir comment l'attachement à la laïcité reste très relatif à la LCR. Ce texte publié sur le site du parti montre bien toute l'ambiguité du discours "laïque" des trotskystes de la Ligue Communiste Révolutionnaire.
Tout bascule dans la seconde partie de ce texte lorsque l'on parle de "la religion des ex colonisé(e)s". Curieuse appelation pour désigner l'islam ! Le choix des mots n'est cependant pas neutre. La LCR reprend exactement la rhétorique des Indigènes de la république. Pour ce parti, le racisme anti arabe est essentiellement (uniquement?) dû à des a priori post coloniaux (au passage on zappe sur la dimension politique et sociale). La laïcité telle qu'elle s'applique aujourd'hui n'est finalement rien d'autre pour la LCR qu'une nouvelle forme de racisme.  (vérifier date)
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Défense de la laïcité
Lors du débat qui a précédé l’adoption du projet de traité constitutionnel par les chefs de gouvernement européens, l’offensive de la Papauté visant à affirmer « l’héritage chrétien » de l’Europe a été enrayée de justesse. Mais il est clair que la remise en cause de la laïcité des institutions publiques est une préoccupation constante des forces réactionnaires. En France, elle est déjà remise en cause de longue date par le statut concordataire de l’Alsace-Moselle.
Pour la LCR comme pour Marx, la « question sociale » est le soubassement de « la question religieuse ». La lutte contre une « situation qui a besoin d’illusions » est la voie pour conquérir une liberté fondamentale : ne plus être dans l’obligation de croire au ciel pour construire son bonheur sur terre. Mais nous ne cherchons pas à imposer quoique ce soit en la matière et à scruter les âmes : nous voulons unir les exploité-es et les dominé-es par delà la croyance religieuse ou l’absence de croyance. Cela conduit à la défense de la liberté de culte et d’expression religieuse, au plan privé comme au plan public comme droit démocratique. Ainsi que celle du droit pour toutes les religions d’organiser ce culte en totale autonomie par rapport au pouvoir d’État, à la seule condition que dans ce cadre ne soient pas remis en cause le respect des droits humains fondamentaux.
Parallèlement, cela conduit au refus de toute immixtion ou influence des religions dans la sphère des institutions publiques et dans leurs choix politiques. La séparation des Églises et des États en est la condition indispensable, ce qui doit se traduire dans le cas de l’école par l’instauration d’un service public unique et laïc. Cela ne signifie aucunement que nous sacrifiions au mythe de la neutralité de l’État, et en particulier à celle de son école. La structure de cette dernière, le style d’enseignement, les contenus choisis : tout ceci demeure l’enjeu permanent d’une lutte politique et idéologique entre forces antagonistes. La Laïcité n’élimine pas cette lutte. Mais elle en éloigne l’influence directe des institutions et références religieuses, ce qui constitue un acquis démocratique fondamental.
Ces principes doivent être particulièrement appliqués dans un contexte dominé par le racisme, corollaire naturel de l’héritage colonial : toute inégalité de traitement et discrimination envers la religion des ex-colonisé/es, doivent être rejetées, non seulement parce qu’elles sont le meilleur moyen d’affermir des convictions indésirables, mais aussi et avant tout, parce qu’elles sont une dimension de l’oppression ethnique ou raciale, aussi intolérable que le sont les persécutions et discriminations politiques, juridiques et économiques. Exclure ou menacer d’exclure des élèves de l’école publique lorsqu’elles portent le foulard volontairement - même si l’on juge qu’il s’agit d’une servitude volontaire - est un acte d’oppression et non un acte d’émancipation réelle ; seul le principe de la liberté de conscience et de pratique religieuse strictement individuelle, quelle soit vestimentaire ou autre, et le respect de ce principe par les gouvernements laïcs, permettent de s’opposer légitimement et avec succès à la contrainte religieuse.
Par ailleurs, prohiber le port du foulard islamique, ou autres signes religieux vestimentaires, à l’école publique, au nom de la laïcité, est une attitude éminemment antinomique, puisqu’elle aboutit paradoxalement à favoriser l’expansion des écoles religieuses.
Le devoir des marxistes en France est de combattre sans défaillance l’oppression raciste et religieuse menée par la bourgeoisie impériale française et son Etat, comme condition préalable d’un combat efficace contre les préjugés religieux au sein des populations immigrées.
C’est ainsi qu’au niveau scolaire - tout en protégeant la liberté de conscience des élèves - doivent être garantis sur tout le territoire la laïcité des locaux et des personnels, celles des contenus du programme des études, comme doit être vérifiée l’obligation du suivi des enseignements correspondants.
Catherine
Tag(s) : #Olivier Besancenot

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