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Les dossiers du service minimum à l'école et des crèches loubavitch ont divisé la majorité au Conseil de Paris.

«Delanoë, vous le savez, il est plutôt légaliste…» Du seul commentaire de l'adjoint au maire de Paris chargé de l'éducation, Pascal Cherki, perçait lundi le regret. Bertrand Delanoë venait de dire son intention d'appliquer la loi du service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles, les jours de grève. «Que les choses soient claires, a-t-il déclaré devant les élus du Conseil de Paris : la loi est promulguée, nous sommes républicains, nous l'appliquerons.» Même si le SMA contraint les communes «à assumer l'échec du dialogue social mené par l'État».

Situé à gauche du PS, Cherki bouillonne et prévient - à quelques jours de la grève du 7 octobre dans l'Éducation nationale - qu'à Paris, cette loi sera appliquée du seul bout des lèvres. Contrairement à Lyon où, croit-il savoir, le socialiste Gérard Collomb «non seulement appliquera le SMA mais doit même y être favorable». «Nous n'avons aucune obligation légale de quotas pour accueillir les élèves, a-t-il précisé pour sa part. Nous ferons donc au minimum : un animateur pour remplacer deux profs absents. De toute manière, ces jours-là, question sécurité, c'est l'État qui est responsable…»

Mais au sein de la majorité parisienne, ce sont les Verts qui se démarquent du maire de façon explicite. Leur président, Sylvain Garel, regrette que Bertrand Delanoë n'ait pas «résisté plus longtemps à cette loi inique». Et de s'indigner qu'une grève «ne dérange plus que ceux qui la font, parce qu'on diminue leur salaire».

Lundi, ces mêmes élus Verts sont montés au créneau avec les radicaux de gauche, pour aborder le deuxième des sujets ayant divisé la majorité municipale : celui des subventions accordées aux crèches associatives des juifs loubavitch. «Elles approchent le million d'euros, note Garel, pour des crèches limite sectaires, non mixtes où, de fait, seuls sont acceptés les enfants de confession juive.» Il regrette que Delanoë, «pour des raisons électoralistes», ne soit pas «plus attentif au respect du service public et de la laïcité».

 

«Montée du communautarisme»

 

Sur cette ligne, il est rejoint par la maire PS du XXe arrondissement, très sensible «à la montée du communautarisme» dans son quartier. Frédérique Calandra, qui «refuse d'avoir peur qu'on (la) traite d'antisémite», affirme : «Comme tous les intégristes, les Loubavitch véhiculent un modèle de société auquel je suis farouchement opposée.» «Les premiers excédés sont mes amis juifs libéraux», note-t-elle en se réjouissant que, malgré le vote de la subvention, Delanoë ait décidé la création d'une commission pour étudier le respect, ou non, des conventions publiques.

De son côté, Claude Goasguen - député maire du XVIe -, qui a voté les subventions, comme l'ensemble du groupe UMP, s'est ironiquement réjoui que le maire de Paris «partage les vues du président en matière de laïcité positive». Le maire, hors de lui, s'en est défendu.

Sophie de Ravinel
29/09/2008

Tag(s) : #Bertrand Delanoë

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