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L’amendement à l’article 1er de la Constitution, voté le 22 mai dernier à la quasi unanimité sur proposition de l’UMP, a laissé sans réaction nos intellectuels. Seuls les Académiciens se sont élevés. Sans nier l’intérêt des langues régionales, ces derniers leur refusent non seulement l’égalité par rapport au français mais la primauté et la priorité. Voici leur communiqué.

Mercredi 18 juin, les sénateurs ont repoussé, par 216 voix contre 103, l'amendement voté à l'Assemblée qui reconnaissait comme faisant partie du patrimoine les langues régionales dans l'article 1 de la Constitution française. Mais quel était le but de cette proposition ? La préparation à la ratification de la charte européenne des langues minoritaires ? Les langues régionales sont-elles en France opprimées ? Il est heureux de voir que les amendements de suppression ont émané de divers bancs. Cet article de notre Constitution est fait pour rappeler ce qui nous rassemble et non ce qui nous distingue.


Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: «La langue de la République est le français». 

Or, le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale. Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la première phrase commence par les mots: «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale», une phrase terminale: «Les langues régionales appartiennent à son patrimoine».

Les langues régionales appartiennent à notre patrimoine culturel et social. Qui en doute? Elles expriment des réalités et des sensibilités qui participent à la richesse de notre Nation. Mais pourquoi cette apparition soudaine dans la Constitution?

Le droit ne décrit pas, il engage. Surtout lorsqu'il s'agit du droit des droits, la Constitution.

Au surplus, il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique.

Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale. Elle demande le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution.

Tag(s) : #Communiqués

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